je suis étudiante infirmière. je me meurs. j'écris ceci pour vous qui êtes ou deviendrez infirmières, dans l'espoir, qu'ayant partagé mes sentiments, vous soyez un jours capable d'aider mieux ceux qui vivent la même expérience que moi.
je suis sortie de l'hôpital, maintenant- pour un mois, six mois, un an peut être- mais personen n'aime parler de ces choses là. en fait personne n'aime parler de grand chose. le nursing avance sans doute, mais je voudrais qu'il se hâte. nous apprenons maintenant à ne plus jouer la bonen humeur, nous réussissons assez bien à oublier le "tout vas bien" de routine. mais il ne reste qu'un vide silencieux et solitaire. Sans le "tout vas bien" protecteur, le peronnel reste pris avec sa propre peur et sa vulnérabilité. on ne voit pas encore le mourant comme une personen et on ne peut donc pas communiquer avec lui. il est le symbole de ce que craint tou être humain, de ce que nous savons tous, au moins académiquement, devoir affronter un jour.
ne nous disait on pas , dans les cours de psychiatrie, que si on s'approche de la pathologie avec sa propre pathologie, on ne peut que nuire à tous le monde? et qu'il fallait connaître ses propres sentiments avant de pouvoir aider quelqu'un d'autre avec les siens ? comme c'était vrai.
quant à moi, j'ai peur tout de suite, je meurs maintenant. vous entrez et sortez de ma chambre en silence, vous me donnez mes médicaments, vous prenez ma presion artérielle . est ce le fait d'être moi même étudiante infirmière ou le simple fait d'être humain qui me fait sentir votre peur ? votre peur souligne la mienne. pourquoi avez vous peur ? après tout, c'est moi qui meurs.
je sais que vous êtes mal à l'aise, que vous ne savez ni que dire ni que faire. mais croyez moi, on ne peut pas se tromper en montrant de la chaleur. laissez vous toucher . c'est de celà que nous avons besoin. nous pouvons poser des questions sur l'après et le pourquoi, mais nos n'atetndons pas vraiment de réponse. ne vous sauvez pas, attendez , je veux simplement savoir qu'il y aura quelqu'un pour me tenir la main quand j'en aurais besoin. j'ai peur. la mort est peut être devenue une routine pour vous , mais elle est nouvelle pour moi. je ne suis sans doute pas un cas unique pour vous mais c'est la première fois que je meurs. pour moi, c'est le moment unique.
vous parlez de ma jeunesse, mais quand on se meurs, est on si jeune ? il y a des tas de choses dont je voudrais parler. il ne vous faudrait pas beaucoup plus de temps, puisque vous passez déjà beaucoup de temps près de moi de toute façon.
si nous pouvions seulement être honnètes, admettre nos peurs, nous toucher l'une lautre. et après tout , votre professionnalisme serait il vraiment menacé si vous alliez jusqu'a pleurer avec moi ? entre nous ? alors, il ne serait peut être plus si dur de mourrir à l'hôpital... car on y aurait des amis.